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Balade géologique à Borée

La carrière de molines et le maar de Borée

Samedi 28 avril 2018

[/vc_column_text][vc_column_text]Samedi 28 avril 2018, rejoignez les adhérents de l’association Paléodécouvertes dans cette balade ouverte à tous. De 14h à 16h, vous parcourez les paysages du plateau ardéchois et décryptez leur tumultueuse histoire au sein de l’un des plus emblématiques sites géologiques régionaux.

Plongez au coeur du géopark des Monts d’Ardèche lors de cette balade PaléOdécouvertes offerte par le Parc Naturel Régional et découvrez le volcanisme sous toutes ses formes. Le lac de cratère (Maar) de Borée montre la succession de volcanisme explosif et effusif. La présence d’une carrière en activité permet de découvrir de véritables coupes géologiques dans les paysages.[/vc_column_text][/vc_column][/vc_row][vc_row][vc_column width= »2/3″][vc_column_text]

Inscriptions

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Résumé de la balade

Le temps était nuageux, grisâtre, et venteux, à Borée, en ce samedi 28 avril 2018, mais qu’à cela ne tienne, une quarantaine de participants s’étaient donnés rendez-vous pour une balade géologique, animée par le paléontologue Bernard Riou de l’association Paléodécouvertes et du Muséum de l’Ardèche. Cette balade, au cœur du Geopark des Monts d’Ardèche, était en partenariat avec le Parc Naturel Régional éponyme. Trois sites avaient été choisis par le guide, d’abord le tour des Roches de Borée et un superbe panorama sur de nombreux géosites répertoriés sur la commune, puis un passage par le Maar d’Echamps avant d’admirer la splendide carrière des Molines en contrebas du maar.

Mais c’est quoi au juste un géosite ? Et là, on est dans le Geopark ou le Parc Naturel Régional ?

Ce furent les premières questions des participants ! Ce samedi, nous étions dans le Parc Naturel Régional des Monts d’Ardèche, créé en 2001, à l’issu d’un projet né en 1992 à l’initiative des castanéiculteurs, les producteurs de châtaignes. Le Parc a de multiples facettes : les paysages, les savoir-faire ruraux, le volcanisme, les rivières, les productions de myrtilles et châtaignes, l’histoire religieuse, les moulins et moulinages, les terrasses, etc. En 2018, on compte 52 PNR en France, qui couvrent 15% de la superficie du territoire. Les PNR sont chargés de mettre en œuvre des actions selon cinq missions : la protection et la gestion du patrimoine naturel, culturel et paysager, l’aménagement du territoire, le développement économique et social, l’accueil, l’éducation et l’information, et l’expérimentation, l’innovation. Attention cependant, à la différence d’un Parc National, d’une réserve naturelle ou d’un site classé, un PNR ne dispose d’aucun pouvoir réglementaire.

Le PNR des Monts d’Ardèche est bénéficiaire depuis septembre 2014 du label Geopark mondial UNESCO. Ce label est attribué par l’UNESCO et le réseau mondial des Geoparks à un territoire présentant un patrimoine géologique remarquable. Il consacre une démarche ambitieuse portée par un territoire et tous ses représentants : élus, associations, habitants, etc. Le label s’appuie sur trois piliers : préservation, éducation, et tourisme durable. Le label offre par ailleurs une reconnaissance internationale du patrimoine géologique d’un territoire et permet un partage d’expériences avec les autres membres du réseau. Mais c’est aussi un outil de développement et de cohésion des acteurs autour d’un projet concerté, en vue d’optimiser l’association entre connaissance et valorisation. Actuellement en France, on compte 7 Geoparks, un petit dernier s’est ajouté en ce mois d’avril 2018, le Geopark du Beaujolais, premier vignoble du monde à obtenir le label. Les autres sont la Réserve géologique de Dignes, le Parc du Luberon, le Parc des Bauges, le Chablais, le Parc des Monts d’Ardèche, et les Causses du Quercy. On en compte 64 en Europe, et 120 à travers le monde, répartis dans 35 pays et 5 continents. Les géosites, quant à eux, sont des entités internes au Geopark, des sites géologiques remarquables grâce à leur qualité esthétique, pédagogique et à leur rareté. Le Geopark des Monts d’Ardèche en compte 53.

La commune de Borée compte elle 6 géosites, soit 20% des 32 géosites en lien avec le volcanisme : le Cirque des Boutières, les Roches de Borée, le Maar de Borée et le plateau d’Echamps, le Mont Mézenc, le suc de Chabrières, et le Rocher de Pradoux et le suc de Sara. La commune de Borée compte également de nombreuses autres richesses patrimoniales et culturelles, comme son église à façade polychrome, composée de plusieurs roches, le dolmen des Beaumes, datant du Néolithique, ou bien l’œuvre land art du « Tchier. » La commune de Borée, bòria en nord-occitan, « ferme, métairie », est un petit village niché à 1152m d’altitude, qui comptait autrefois plus de 2 000 habitants. Aujourd’hui, elle est connue pour la violine de Borée, cette petite pomme de terre à chair violette, qui est l’ingrédient principal de la crème de violine.

C’est tout de même impressionnant ces dômes dans le paysage !

Les participants commencent la balade par une petite montée, afin de faire le tour des Roches de Borée, celle côtée 1315m, car le géosite des Roches de Borée se compose d’ouest en est, du suc de Touron, du Gouleïou, du rocher de Borée, et du rocher des Pialoux. Arrivés à mi-chemin, le panorama est époustouflant, les nuages sont partis pour nous laisser apercevoir le Mont Mézenc, plus haut sommet de l’Ardèche, 1753m et bien classé parmi les plus hauts sommets du Massif Central, le suc de Chabrières, le Gouleïou, le suc de Touron, le cirque des Boutières, le suc de Sara, et le rocher des Pradoux. Le Gerbier-de-Jonc ne se laissera apercevoir qu’une fois arrivés à la carrière des Molines. Le paléontologue Bernard Riou nous explique alors comment se sont formés ces différents sucs. Il s’agit de dômes phonolitiques déchaussés par l’érosion. Mais c’est quoi la phonolite ? La phonolite est une roche magmatique volcanique très fluide qui se débite en dalle, composée à plus de 80% de feldspath. Le nom phonolite vient de la propriété de la roche à dégager un son clair lorsque l’on frappe une dalle. La roche a longtemps été utilisée dans les constructions (églises, lauzes, sculptures…) et même comme instrument de musique au Néolithique. Les roches de Borée témoignent d’un volcanisme où les cratères restent invisibles. La lave visqueuse qui traverse le socle granitique ne s’écoule que peu ou pas, donnant alors naissance à des dômes de différentes natures. La forte viscosité de cette lave et la disposition uniforme de ses minéraux détermine sa structure feuilletée et facilite ainsi la formation en dalle. Le Gouleïou par exemple, « petit Gerbier-de-Jonc », présente des prismations radiales : horizontales à la base, elles rayonnent autour du point d’émissions. Ceci est dû au refroidissement rapide de la lave au contact du terrain, ici composé de granite.

Ce type de volcanisme est de type péléen, en lien avec la Montagne Pelée (Martinique). Un volcan péléen est de type extrusif, c’est-à-dire qu’il met en jeu un magma visqueux, peu riche en gaz. Les laves visqueuses sont émises à une température de 700 à 800°C, le long d’importantes fractures. Cette émission de lave très pâteuse est souvent associée à des explosions latérales régulières qui provoquent des nuées ardentes et des panaches de cendres. Par ailleurs, il existe d’autres types de volcanisme, que l’on découvre sur le plateau d’Echamps et la carrière des Molines, avec le guide de la balade.

Marre de la randonnée ? Et si on allait se baigner dans un maar ?

Le vaste plateau d’Echamps est issu du refroidissement d’un lac de lave, appelé maar. Il fait partie des plus vieux édifices de la province volcanique du Bas Vivarais (« Jeunes volcans d’Ardèche », 15 000 à 219 000 ans). Son âge jusqu’à alors admis à 130 000 ans a été vieilli en 2014 entre 156 et 219 000 ans. Le maar d’Echamps a vu se succéder à la fois une phase phréato-magmatique, qui se caractérise par la rencontre entre du magma très chaud et l’eau d’une rivière ou d’une nappe phréatique (tels que Issarlès et Saint-Front, en eau, et Chaudeyrolles), et une phase strombolienne (comme le Ray Pic et la Vestide du Pal). Ce maar d’environ deux kilomètres de diamètre s’est créé lors de l’explosion du volcan, atteignant près de 200 m de profondeur. Les projections phréato-magmatiques sont bien visibles à la carrière d’extraction de Molines. On y trouve également de nombreuses bombes en choux-fleurs ainsi que de nombreux fragments de péridotites : roche du manteau (entre la croûte terrestre et le noyau) constituée principalement de cristaux d’olivine (vert clair ou jaune-orangé en cas d’altération qui libère du fer) et de pyroxènes (vert sombre, noir). Après une période d’accalmie, l’eau ayant été évacuée, deux petits volcans stromboliens (du Stromboli en Italie) se sont mis en place. Outre des projections de type strombolien, les deux semblent avoir produit des coulées : ce sont ces deux coulées de basalte (émises à 1 200-1 400°C) qui ont comblé le cratère de maar. Celui-ci s’est rempli jusqu’à déborder sous forme d’une coulée en direction du nord-est, jusqu’à Chanéac.

Autre particularité d’un maar, nous signale Bernard Riou, c’est que le cratère s’élargit, du fait de la répétition et de la violence des explosions, formant un puits conique évasé vers la surface. L’éruption terminée, le volume de matériaux très poreux ainsi piégé dans le cratère forme un important réservoir pour l’eau de pluie qui y est stockée. Si le réservoir déborde, ou est localement percé par l’érosion, une source apparait. C’est l’origine des sources de Molines, au débit moyen le plus important de tout le département de l’Ardèche (80 litres par seconde). Ce débit, conclue le guide, connaît peu de variations au cours de l’année, attestant de l’ampleur du réservoir et de la faible influence directe des précipitations. Les eaux de pluie infiltrées sont sans doute stockées plusieurs années et longuement filtrées avant de ressortir par les sources de Molines.

Alors que la balade est terminée, quelques irréductibles géologues amateurs restent encore un peu aux abords de la carrière, à la recherche de morceaux de péridotites, ou bien tout simplement admirer la vue paisible et splendide du Parc Naturel Régional des Monts d’Ardèche.

Témoignage de Pierre Gauthier

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