Samedi 11 mai a eu lieu une balade Paléodécouvertes dans la Drôme, à la recherche de fossiles et de belles pierres. Accompagnés de Bernard Riou, nous nous sommes rendus à la Sablière de Réauville, puis aux ocres de Valaurie. Profitant d’un temps très clément, nous étions une vingtaine de participants prêts à fouiller sable et argile pendant cette journée. 

La Sablière de Réauville

Le site de la Sablière de Réauville est une ancienne carrière de sable, celui-ci étant exploité particulièrement pour la construction. Il est aujourd’hui surtout connu pour receler de nombreux fossiles marins : dents de requin, de poisson, de raie, mais aussi coquillages et oursins. Ces fossiles datent d’environ 20 millions d’années (époque Miocène du Burdigalien), quand le site était sous une eau de mer peu profonde (50 mètres maximum). Celle-ci a déposé de nombreux sédiments, dont les restes de ses nombreux habitants, mais aussi des morceaux érodés de couches latéritiques contenant des opales. Le sable présente donc beaucoup de petits cailloux roulés et laiteux. En raison de la profondeur supposée de la mer de l’époque, il n’est pas possible de trouver de morceaux de gros spécimens comme le mégalodon, mais les découvertes ont tout de même été intéressantes et fructueuses. 


Des dents de requins, moyennes et petites voire très petites, peuvent être trouvées dans ce sable, ainsi que des dents de pycnodontes, des poissons proches de la daurade. Ces fossiles sont parfois appelés “œil de poisson” en raison de leur forme ronde, mais sont bien des dents. En effet, l’œil est une partie molle ne pouvant se conserver que dans des conditions véritablement exceptionnelles, quand les dents sont la partie la plus dure de ces poissons, et donc se conservent très bien dans les sédiments. Elles sont rondes car elles servaient à broyer des coraux et des coquillages, nourriture de ces poissons. 

1. Collection ramassée le 11 mai à Réauville; 2. Dents de pycnodontes; 3. Morceaux de coquillages, bivalves; 4. Petites dents de requin.

La Sablière a été victime de son succès lors de sa mise en valeur, au point que des visiteurs viennent avec des outils pour en sortir ses fossiles. Ils ont notamment attaqué d’anciennes galeries creusées au départ pour l’exploitation du sable, fragilisant une partie du massif de molasse. Il y a une trentaine d’années, un effondrement a eu lieu, ensevelissant un jeune garçon. Depuis, la partie du site comportant des galeries a été fermée au public, et le parking existant auparavant a été retiré, ne permettant plus qu’un accès à pied. 

Les ocres de Valaurie

Le site du Serre rouge et ses ocres est le second lieu que nous visitons aujourd’hui. Il se trouve au bord du village de Valaurie, dans une garrigue haute qui semble être le terrain de jeu des sangliers. Les affleurements orangés sont visibles de loin, et se seraient formés à l’Eocène (55 à 33 millions d’années) à partir de dépôts du crétacé supérieur (100 à 66 millions d’années) qui se seraient altérés. Les ocres que nous voyons n’ont pas été exploitées, et il est d’ailleurs devenu très rare d’exploiter de l’ocre à l’heure actuelle. Il reste une seule carrière d’ocre en France dans le Vaucluse, à Apt, et la grande majorité de l’ocre vendue aujourd’hui est synthétique. 

Sur ce site, on trouve aussi des blocs d’opale très pure, datant elles aussi de l’Eocène. La couleur des ocres de Valaurie est donnée par des couches latéritiques qui se sont effritées. En conséquence, les opales peuvent alors aussi prendre cette couleur rouge orangée.

En montant le chemin s’enfonçant dans la garrigue, nous arrivons dans la rivière d’opale, où nous cherchons alors des opales blanches à bleu clair, au milieu des aphyllanthes de Montpellier, petites fleurs violettes à bleues aux tiges ressemblant à du jonc. Il est aussi possible de trouver du silex, qui est en fait seulement une autre forme de la silice, comme l’opale. Comparée au silex, l’opale est légèrement transparente et laisse passer un peu de lumière. Le silex, lui, est complètement opaque. L’opale comme le silex ont été utilisés par les humains préhistoriques pour fabriquer des outils, étant donné que des bords très tranchants peuvent être détaillés dans ces pierres. 

En bas à gauche : une opale (gauche) et un silex (droite) trouvés lors de la balade; En haut à droite : une petite géode de quartz dans le calcaire.

Près de cette rivière d’opale se trouvent aussi des blocs extraits pour des travaux, donnant  l’occasion aux grands amateurs de fossiles, y compris Bernard Riou, de trouver des planorbes et limnées, mollusques datant d’environ 40 millions d’années et qui devaient vivre dans un milieu lacustre.  

Pour finir la balade, Bernard Riou nous montre l’endroit où l’ocre est la plus rouge, nous permettant d’observer ces magnifiques paysages : 


©Photo d’Eve-Marie Lavialle

Prochains événements

La prochaine balade aura lieu le 1er juin, à Saint-Laurent-sous-Coiron. En attendant, vous pouvez lire les derniers comptes-rendus publiés !


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